Ce texte aurait du servir de profil à la psychologie d'un personnage pour le projet d'un jeu. Le projet a plus ou moins capoté. Mais je suis tombé amoureux de cette nénette. Je ne pouvais pas la
laisser sans vraie histoire inachevée. Alors je lui ai fini son histoire d'intro. En espérant que ça plaise, car totalement différent de ce que je peux faire, écrire en étant femme, et sur
l'amour.><
(Au fait, merci je passe un merci à Mag qui me soutient dans mes délires d'écrivain à deux francs. Hug. Et merci à Sylvain d'avoir aiguillé ce personnage sur la voie des croqueuse de diamant^^.)
Je n'avais rien. Simple fille de fermier, rien ne m'avait annoncé un tel destin. Ma grâce et ma beauté étaient connues de toute la région et bon nombre j'avais éconduit. Jeune déjà,
j'attirais l'attention de tous, un simple regard de pitié m'accordait toutes les bénédictions, de mes parents mais aussi de mes proches. Mes larmes devenaient celles de celui qui me voyait. Mais
de ses origines, jamais je n'aurais soupçonné les responsabilités de ma nature.
A l'hiver des mes dix-sept ans, un riche aristocrate vint frapper à la porte des mes parents dans l'intention de demander ma main. Plus âgé que moi, je l'avais lui aussi éconduit comme les
autres. Mais bien loin de renoncer, il revint les jours suivant inlassablement me faire la cour. Il commença à me faire la liste des innombrables rumeurs à mon sujet, celle d'une simple fille de
ferme embrassée par l'inspiration des déesses. Ma beauté avait inspiré bon nombre d'artistes à qui j'avais fermé la porte. Plus que de simples mots, je me voyais femme au travers des mots qu'il
me contait. Avec le temps, il devint plus proche au fil des semaines, chaque jour à ma porte attendant l'instant ou je serais sienne. Sa présence à mes côtés, était devenue naturelle, et bientôt
mon indifférence se transforma en un timide amour.
Au retour du printemps, comme à son habitude il frappa à la porte. Quand je lui ouvris, il se présenta à moins dans de magnifiques habits, faits de broderie d'une finesse infinie. tout de bleu
vêtu, j'y voyais la puissance et l'autorité. Il me prit la main par la force pour me mener à l'extérieur. Mon corps ne répondait plus, je ne faisais que le suivre sans savoir quoi faire tellement
bouleversée par un flot d'émotions que je ne connaissais pas encore. Il s'arrêta brusquement au milieu d'un des champs de mon père où les blés avaient commencé à pousser. Il se retourna dans ma
direction plantant son regard noir dans le mien. Sans un mot, il sortit de sa poche un fin anneau doré portant dans ses griffes une pierre blanche. Il me glissa l'anneau à mon doigts, sans rien
dire. Mais le geste lui ne pouvait avoir d'équivoque, pour simple réponse, mon corps se laissa tomber dans ses bras. A ce moment-là, je ne m'appartenais plus, sans un mot nous avions convenu d'un
accord, celui de l'amour. Nous sommes restés à cet endroit, ma tête logée à sa poitrine un bon moment, le monde qui nous entourait avait cessé d’exister un bref instant pour me faire prendre
conscience de ce que j'avais trouvé.
A partir de ce moment là, tout alla extrêmement vite, je quittais ma maison sans prendre mes affaires, mes parents voyait partir un fille pour un meilleur avenir. Tout s'annonçait pour le mieux,
bientôt je quittais mon nom de jeune fille, notre union se fit dans la simple intimité de la famille et des amis. Tous furent réjouis par la petit fille de ferme qui à elle seule pouvait faire
l'œuvre d'un conte de fée.
Une année encore une fois. La fille de ferme que j'étais avait totalement disparu. J'étais maintenant la femme d'un haut aristocrate, j'avais appris les règles de mon nouveau foyer. J'avais
appris à me fier aux rumeurs de la cour, qui saluer pour faire honneur à mon mari et qui humilier pour mieux servir sa réputation. J'étais devenue un atout de poids dans les affaires de mon
époux. Mais toujours bercée dans l'innocence de mon jeune âge, j'avais fermé les yeux sur les rumeurs qui me faisait face. Trop occupée à charmer et vanter les mérites de celui que j'aimais, je
n'avais jamais pris le temps de regarder ce que je valais aux yeux de mon nouvel univers.
Lors d'une soirée organisée par un riche bourgeois, à la recherche de mon mari, je croisais dans la foule deux femmes bien tristes aux rides bien marquées, connues pour savoir tout de ce qui
faisait le gratin de notre société. Je n'ai jamais su si elles le firent dans l'intention de me blesser ou non, elles médirent de moi assez fort pour que je l'entende.
Leurs mots me gravèrent l'esprit avec la même force que le fer rouge. Pour elles, je n'étais qu'un simple trophée de plus dans la collection de mon époux. Bien sur, je connaissais son amour pour
l'art et la notion du beau, mais jamais je n'aurais cru par sa volonté comme un simple désir d'avoir simplement le plus beau près de lui.
La soirée se finit sans un mot de ma part, nous rentrèrent dans le silence le plus complet.
Les mots de ces deux vieilles peaux résonnaient inlassablement dans ma tête. L'année qui s'était écoulée à ses côtés, et je n'avais vécu que pour lui. A croire être son égale, j'avais ignoré
jusqu'à ses sentiments pour moi.
Dans mon lit, dos à lui je repensais aux mots qu'il m'avait porté pour me faire sienne. Toujours, il avait fait l'éloge de ma beauté, rarement il m'avait fait part de ce qu'il était, encore moins
il m'avait parlé de ses sentiments. Le "nous" que nous formions, résonna dans ma tête par le vide. Je lui appartenais mais il ne m'appartenait point. Je passais de l'illusion de l'amour, à la
solitude. Je me retournais vers lui tout en caressant le dos, à son oreille je lui murmurais mes doutes : "M'aimes tu ?"
Il ne répondit jamais, et cela me suffit à comprendre l'issue. Je quittais le lit conjugal, je repris mes habits de fermière. Dans le noir le plus complet, j'étirais une dague de son fourreau,
délicatement je me rapprocha de lui caressant son corps pour un dernier adieu. Doucement je planta ma lame dans son cœur, la main portée à sa bouche pour étouffer ses cris. Des yeux
de terreur s'adressèrent à moi, sans qu'une seule fois le remords me touche. La simple satisfaction de me défaire de mes chaînes avait prit le pas sur l'amour que j'avais pu lui porter.
J'attendis son dernier soupir, pour quitter le lit, dos au cadavre de mon geôlier, je lui adressa cette maxime " Pour trahir, il faut dans un premier temps appartenir."
Je lui avait appartenu au même titre qu'un diamant ou une œuvre d'art, jamais il ne m'avait vue comme celle qui l'aimait Je pris un dernière fois sa main où son alliance se logeait, avec l'arme
encore humide de mon forfait, j'extirpais la pierre de l'anneau de son écrin doré, tout en la cachant dans une vielle bourse. Et je fuis la maison de ma trahison. Bientôt sa mort s'annonça dans
tout le royaume, ainsi que ma disparition. Une vie de clandestin m'attendait maintenant.
Aujourd'hui dix-neuf ans six mois me sépare de mon meurtre, la simple fermière est devenue une voleuse reconnue sous le nom de " la croqueuse de diamant.". Je n'appartiens plus à personne, je
suis devenu la sirène qui séduit les cupides, pour les déposséder de leur biens. Chacune des pierres que j'ai volées sont devenues miennes sans jamais que je sois leur. Je prends ma revanche sur
la trahison. Après tout, je ne trahis personne car je n'appartiens à nul
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